Tendances observées dans la province du Centre

Contexte

Chaque région forestière du Cameroun affiche ses propres particularités qui demandent une approche spécifique de contrôle. La province du Centre, dans sa partie nord-est, soit essentiellement le département du Mbam et Kim, possède ainsi une situation qui lui est propre.

Le département de Mbam et Kim couvre une superficie de 25.906 km² (près de 2.6 millions d'hectares). Son chef-lieu est Ntui et il compte cinq arrondissements : Ntui, Yoko, Ngoro, Ngambé-Tikar et Mbangasina. Ce département est limité à l'est et au sud par le fleuve Sanaga. Le réseau routier y est plutôt limité, de vastes espaces étant difficilement accessibles, comme par exemple tout le territoire compris entre la Sanaga et la route qui relie Ntui à Yoko.

C'est dans ce département que se trouve la limite sud de la zone de transition entre climats équatorial et sahélien, zone caractérisée par la présence de savanes, de forêts denses et de galeries forestières présentes le long de certains cours d'eau. Beaucoup de ces forêts sont dégradées suite aux diverses interventions humaines. On y compte 8 UFA et plus de vingt Forêts communautaires.

Situation observée

Toutes les missions effectuées dans cette région confirment plusieurs activités forestières illégales récurrentes : les coupes sauvages dans le domaine forestier non permanent sont signalées ou observées régulièrement; le transport illégal de bois a été constaté à de multiples reprises à chacun des passages de l'Observateur Indépendant; les FC y étant particulièrement nombreuses, le trafic de lettres de voiture et le non-respect des Plans de Gestion Simple y sont pratiques courantes.

Perspectives

L'activité forestière illégale intensive qui se déroule dans cette région entraîne une dilapidation rapide du capital forestier au détriment des communautés locales et de l'État, et ce dans une zone écologiquement sensible. Pourtant, la région est ceinturée de rivières et le réseau routier limité, les points de passage sont donc réduits et facilement contrôlables. La route traversant Ntui, par exemple, constitue un point de passage quasi-obligé pour l'évacuation des bois. Plusieurs rapports ayant souligné cette situation, il est étonnant qu'aucune mesure de contrôle routier n'ait réussi à ralentir le phénomène.

Conclusions

- Le département du Mbam et Kim fait l'objet d'une intense activité de transport illégal

- Bien que les voies d'évacuation y soient restreintes, le contrôle routier est inefficace

Recommandation

La mise en place et le rodage sous l'égide de la BNC d'un système de contrôle routier permanent, et la transmission de celui-ci aux autorités déconcentrées afin qu'elles puissent prendre le relais.