Manque de moyens pour les services de contrôle

Contexte

Le contrôle forestier doit être effectué non seulement par les services centraux (BNC), mais aussi par les services provinciaux, en l’occurrence les Brigades Provinciales de Contrôle (BPC), les Délégations Départementales et les Chefs des postes forestiers.

Situation observée et perspectives

Les services provinciaux de contrôle ainsi que les autres services déconcentrés continuent de faire face à un manque sérieux de moyens logistiques et matériels indispensables à leur travail. Il a par exemple été relevé que la Délégation Départementale du Haut-Nyong, ayant la responsabilité du contrôle de 17 UFA étendues sur une superficie d’environ 36.040 km2, n’a pas de véhicule à sa disposition. Le Chef de Poste de Ma’an, quant à lui, ne dispose même pas de moto alors qu’il a sous sa juridiction plus de 5 UFA, qui sont parfois séparées les unes des autres par plusieurs centaines de kilomètres. Etant donné le manque de moyens de transport, certains chefs de poste forestiers ne sont plus en mesure de marteler les bois dans les chantiers, ainsi que le prévoit la loi. Ils martèlent donc les bois déjà chargés sur des camions le long des routes principales ou à leur domicile. De même, la plupart des chefs de poste ne disposent d’aucun budget de location de véhicule afin d’évacuer les bois éventuellement saisis. Ceci rend pratiquement contre-productif l’importante tâche qui leur incombe en matière de saisie de bois illégaux

La BNC dispose de véhicules, néanmoins ceux-ci sont sujet à des pannes à répétition durant les missions. Ni la BNC, ni les BPC ne possèdent encore les équipements nécessaires lors des missions, en l'occurrence des GPS et appareils photos. Lors des missions conjointes, les brigades s’appuient sur les équipements de l’Observateur Indépendant pour évoluer. Il y a lieu de s’interroger sur la qualité des contrôles effectués sans ces équipements

Conclusions

- Le manque de moyens matériels et logistiques qui affecte les services déconcentrés de contrôle forestier est un obstacle majeur à la mise en application de la Stratégie Nationale de Contrôle Forestier et Faunique (SNCFF) et à l’objectif d’un suivi permanent de l’exploitation forestière. Cette situation ouvre aussi une grande brèche pour l’exploitation illégale car certains exploitants passent plusieurs mois ou exercices sans être contrôlés. Le martelage des bois par un Chef de poste est par exemple censé avoir lieu sur le chantier après vérification de certaines conditions légales.

- Toutes les brigades font face à un manque d'outils de base de contrôle

Recommandations

- Que les services provinciaux de contrôle et les autres services chargés du contrôle soient dotés de toute urgence des moyens matériels et logistiques à la mesure de leurs responsabilités. Qu’une priorité soit donnée aux Chefs de poste forestiers, étant donné leur rôle en première ligne du contrôle et suivi de l’exploitation forestière.

- Que le MINFOF se dote d’équipements de contrôle pour toutes les missions de terrain